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Une histoire de mots : « archive »

Le mot « archive » nous renvoie à ces vieux tas de documents poussiéreux, à des cartons qui s’entassent les uns sur les autres qu’on n’a aucune envie d’approcher de peur de ne pas retrouver LE document qu’on cherche depuis des semaines.

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Published Date: 02 décembre 2020


Le mot « archive » nous renvoie à ces vieux tas de documents poussiéreux, à des cartons qui s’entassent les uns sur les autres qu’on n’a aucune envie d’approcher de peur de ne pas retrouver LE document qu’on cherche depuis des semaines. Ou à l’inverse, nous pensons que l’archive est inaccessible, qu’elle touche à un pan de l’Histoire du monde et qu’elle est hébergée secrètement dans une institution française.

Remontons aux origines du mot pour mieux comprendre ce qu’il est aujourd’hui…

 

Archive vient tout droit de l’Antiquité. Il fait référence au préfixe « arché- » et vient du latin « archium » ou « archivum », formé lui-même du nom grec « archeion », un dérivé du mot « archê ». « Archê » signifie à la fois le commencement ou le principe.

Mais les plus lettrés sont divisés sur le sens du mot. Pour le Trésor de la langue française, cité par Olivier Got dans un article du Cairn, le mot renvoie « aux choses très anciennes », alors que pour d’autres experts, il désigne plutôt un lieu, la résidence des principaux magistrats du monde grec.

On comprend mieux pourquoi le mot archive renvoie dans notre esprit à la fois au document qu’on met de côté et à la fois aux lieux où on conserve des pépites de l’histoire, comme les Archives de France ou les archives départementales.

 

Un acte historique de conservation

Reste que l’intérêt d’archiver avait été compris il y a plus de 2 500 ans : conserver les documents importants prouvant les droits et responsabilités. Le roi Philippe IV Le Bel voyait dans l’archivage une mission importante et avait créé la fonction de garde des archives du Royaume, appelé Trésor des Chartes.

Conservées à l’origine pour des motifs juridiques, les archives sont peu à peu devenues essentielles pour les historiens qui les utilisent comme sources dans leurs recherches. Sachez par ailleurs qu’on utilise peu souvent le mot au singulier et on lui préfère le mot « archives » au pluriel. Un mot qui a fait son apparition la première fois sous cette forme en 1416 dans les Registres consulaires de la ville de Lyon.

 

« Le reflet de l’activité des individus et des organisations »

Du côté du Conseil international des archives, on définit aujourd’hui les archives comme étant « le produit documentaire de l’activité humaine et elles sont conservées en raison de leur valeur sur le long terme. Elles constituent le reflet en temps réel de l’activité des individus et des organisations, et fournissent donc une vision directe sur les événements passés. Elles se présentent sous toute une gamme de formats – écrit, photographique, audiovisuel -, sous forme numérique ou analogique. Les archives sont produites par les organisations publiques ou privées et par les personnes à travers le monde ».

En France, deux grandes catégories d’archives se distinguent pour les archives publiques aujourd’hui : d’une part les archives centrales (nationales et de grands corps d’État), et les locales (départementales, communales, hospitalières, d’entreprises…). Mais un troisième sens a fait son apparition : les services et institutions qui se chargent de la gestion des documents.

 

Des formats d’archives variés

Les archives recouvrent désormais plusieurs formats différents. Elles peuvent être physiques ou numériques, classées comme courantes, intermédiaires ou définitives selon leur utilisation. Elles font l’objet bien souvent en entreprise ou dans les institutions d’une politique de conservation et d’un plan de classement.

Si aujourd’hui, le mot fait partie du langage courant, la littérature l’a sublimé à de nombreuses reprises. Comme Châteaubriant : « Les chants de Pindare forment, avec les ouvrages d’Homère, les brillantes archives de la Grèce ». Ou Milan Kundera : « C’est dans les dossiers des archives de la police que se trouve notre seule immortalité ». Ou Edgar Allan Poe qui en a fait une utilisation bien différente : « Les cheveux gris sont des archives du passé ».

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